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Bioéconomie : le FDD Agefpi imprime sa marque

Publié le 3 juillet 2017
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Conférence 16 juin 2017

La Journée organisée par le Fonds de Dotation Agefpi et son parrain 2017, l'éditeur Jacques Glénat, a souligné l'adéquation des formations de Pagora avec l'essor de la bioéconomie dans ses industries.

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Le 16 juin, la découverte des innovations de Grenoble INP-Pagora - LGP2, la conférence sur la bioéconomie et la soirée de gala au siège des Éditions Glénat ont constitué les trois temps forts de cette journée-évènement. Au cours de cette manifestation conviviale, les enseignants-chercheurs de l'école d'ingénieurs et des représentants du monde industriel – Prisma Media, Emin Leydier, DS Smith, CPI, TOTAL, CEPI, Intergraf, Ecograf, Konica Minolta, Avery Dennison, HP, CTP, Glénat, Afifor/Unidis, Coquand Imprimeur, Grain's Créateur de connaissances, AFTPVA – ont échangé sur ce sujet d'une actualité brûlante.

Après une visite des installations de l'école et de son laboratoire, ponctuée de démonstrations de plusieurs innovations, Naceur Belgacem, Directeur (Grenoble INP-Pagora et Agefpi), Vincent Tixier, Directeur de production (Glénat) et Sylvaine Cortada, Directrice de la fabrication (Prisma Media) et administratrice de l'Agefpi (représentant Arnaud Marquis, Président du Fonds de Dotation Agefpi), ont ouvert  la conférence "La Bioéconomie : une alternative, pour un avenir durable et intelligent".
Naceur Belgacem a rappelé que l'école d'ingénieurs, forte de ses 110 années d'existence, a fait il y a douze ans déjà le pari d'orienter ses enseignements (en lien avec la recherche du LGP2) vers la valorisation de la biomasse végétale. Son atout : proposer une formation d'exception basée sur une pédagogie active élaborée par l'école elle-même. Créée par les industriels, cette dernière affiche une mixité – personnel public/personnel privé, formation classique/formation par apprentissage, cursus ingénieur/cursus licence professionnelle – qui fait sa richesse, de même que ses liens étroits avec les entreprises. Toutefois, accomplir sa mission de formation est devenu difficile : les ressources de l'école sont durement affectées par la réduction des subventions publiques et des financements des industries traditionnelles en pleine mutation. Or, leur besoin de cadres responsables, formés aux technologies les plus en pointe, demeure fort. C'est pourquoi le Fonds de Dotation Agefpi a été créé afin de favoriser le mécénat et de permettre à Grenoble INP-Pagora de s'engager dans des projets innovants.

Bernard de Galembert, Innovation and Bioeconomy Director (CEPI), citant Benjamin Franklin – "Lorsque vous avez fini de changer, le processus est terminé." – a insisté d'entrée de jeu : le changement en faveur de la bioéconomie est une chance pour le secteur papetier.
"La bioéconomie couvre la production durable de ressources renouvelables et leur conversion, ainsi que celle des déchets, en aliments, fibres, matériaux, produits chimiques et énergie grâce à des technologies efficaces et innovantes. En Europe, sa valeur est estimée à 22 trillions d'euros et offre 22 millions d'emplois aux citoyens européens. Au cœur de la bioéconomie, se trouve la bioraffinerie qui valorise la biomasse et les produits connexes de sa transformation, ainsi que certains déchets en tant que matières premières plutôt que les ressources fossiles". La bioéconomie existe depuis des millénaires. Pourquoi le "buzz" actuel ? "Parce que c'est une alternative au tout-pétrole et une réponse possible à de nombreux défis". Elle est une chance pour l'Europe de prendre le leadership dans ce domaine. "C'est donc politiquement extrêmement séduisant !" Pour devenir les acteurs pivot de la bioéconomie, les industries forestières et papetières européennes disposent de multiples atouts. Les pionniers en la matière existent déjà dans ce secteur : Borregaard, Lenzing, UPM... "Les papetiers sont les champions de l'approvisionnement bois". Les ressources forestières européennes, riches mais sous-exploitées, pourraient être valorisées dans les filières de la bioéconomie. Positive pour le climat, l'exploitation des matériaux issus du bois ne porte pas préjudice à l'alimentation et résulte d'une gestion durable des forêts. Enfin, les usines de pâtes peuvent être converties en bioraffineries. Le futur de l'industrie papetière européenne dépend de sa transformation : la feuille de route pour 2050 élaborée par la Cepi prévoit à la fois la réduction de son empreinte carbone de 80% et l'accroissement de sa valeur ajoutée de 50%. Or, l'industrie papetière ne pourra croître en Europe qu'en développant d'autres produits que ses produits traditionnels.

De nombreux pays ont déjà mis en place une stratégie dédiée à la bioéconomie. Datant de 2012, la stratégie européenne repose sur le partenariat public/privé de Bio-Based Industries (BBI) qui soutient 36 projets, de la recherche au prototype. Pour développer la bioéconomie en Europe, il convient de dépasser certains obstacles : augmenter le volume de matière première (biomasse) disponible et clarifier la jungle des financements existants. "Il faut créer un contexte politique favorable aux investisseurs" : stabilité, prévisibilité à long terme, réduction des risques, aide au développement de nouveaux modèles de gestion, capital d'amorçage et capital-risque. Il faut également un marché pour les produits biosourcés qui doivent être au moins aussi performants que les équivalents issus de ressources fossiles, et compétitifs. En outre, les standards et les labels qui se multiplient doivent être réglementés.
Enfin, il est indispensable de remédier au déficit de compétences et de talents. En effet, conséquence de la contradiction entre l'image de vieille industrie de la papeterie et la modernité de la bioéconomie, les candidats qualifiés pour mettre en œuvre ces nouveaux enjeux ne sont pas légion. Le changement doit aussi intervenir dans le monde universitaire : "Il y a de nouveaux cursus à inventer".  C'est déjà le cas en Italie (Master Bioeconomy in the Circular Economy), en Allemagne (Master Bioeconomy - Université d'Hohenheim), en Ecosse (Master Management of Bioeconomy, Innovation and Governance - Université d'Edimbourg) et en Finlande (Department of Forest Products Technology - Université d'Aalto). La formation de Grenoble INP-Pagora s'inscrit dans cette tendance qu'il faut approfondir.

Julie Aguilhon, Ingénieur Développement Procédés (TOTAL) a souligné l'ambition du groupe pétrolier de développer les bioénergies et sa volonté de se positionner comme le leader des biocarburants sur un marché mondial qui représente plus de 3% du marché des transports routiers. Producteur de biocarburants et premier distributeur en Europe, TOTAL s'engage dans la bioéconomie avec notamment une R&D active dédiée à la valorisation des ressources lignocellulosiques et la conversion de la raffinerie de La Mède en bioraffinerie.

Laëtitia Reynaud, Policy Advisor (Intergraf) a reconnu que la bioéconomie est actuellement peu discutée dans les industries graphiques européennes, préoccupées depuis plusieurs années par la crise économique et par la dématérialisation. Certes, les signes d'une embellie ne manquent pas – prémices d'une reprise depuis 2013/2014, redémarrage du secteur du livre, croissance de l'emballage imprimé et de l'étiquette – mais la bioéconomie est un enjeu parmi d'autres comme l'économie circulaire et l'économie numérique. En raison de la petite taille de 90% des entreprises du secteur graphique, ce dernier peine à s'adapter aux nouveaux enjeux environnementaux (long terme) quand leur priorité est de survivre (court terme). Là encore, les difficultés de recrutement sont soulignées : le manque d'attractivité de cette industrie entraîne une pénurie de jeunes dans les formations aux métiers de l'imprimerie.
Néanmoins, une démarche environnementale est déjà en place dans certains domaines et les leviers du changement sont identifiés : une réglementation, une démarche volontaire et un donneur d'ordre (le client) exigeant la certification du papier et un imprimé écolabellisé. La bioéconomie dans le secteur graphique n'est pas irréalisable. Les solutions dépendent des fournisseurs, à condition toutefois d'être techniquement applicables, abordables et cohérentes avec d'autres enjeux environnementaux.

Benoît Moreau, Consultant (Ecograf) s'interrogeant sur la place de la France dans l'équation industries graphiques-environnement, a apporté une réponse illustrée par trois exemples de succès. L'extension de certains dispositifs comme Imprim'Vert qui, après 20 ans d'existence, peut revendiquer une couverture européenne avec 1872 imprimeurs labellisés. La mutualisation avec l'exemple de ClimateCalc : cet outil de mesure des émissions de gaz à effet de serre, résultat d'une rédaction collective des recommandations d'Intergraf, est aujourd'hui partagé par de nombreux pays y compris l'Inde. Enfin l'inspiration puisée auprès des solutions existantes efficaces afin de résoudre le problème national des compétences techniques, avec les Guides techniques IDEP rédigés sur la base d'études de cas. "Avec ces trois exemples, on entre dans une nouvelle ère très intéressante".

En conclusion de cette journée, Jacques Glénat, Président des Éditions Glénat, a accueilli les participants dans la Chapelle du Couvent Sainte-Cécile pour une soirée de gala. Situé au cœur du Quartier des Antiquaires, centre historique de Grenoble, le siège de la maison d'édition héberge une immense bibliothèque contenant plus de 20 000 références issues du catalogue depuis 45 ans. Y siège également la Fondation Glénat œuvrant pour soutenir les jeunes auteurs et artistes grenoblois. Avec 10 millions de livres vendus par an, pour l'éditeur multispécialiste (bande dessinée, montagne, mer, gastronomie, vin, patrimoine), "le papier, c'est notre vie, notre credo, notre support culturel".
Le parrainage du Fonds de Dotation Agefpi en 2017 s'inscrit naturellement dans le "partage de valeurs comme l'innovation et le développement durable" avec Grenoble INP-Pagora et dans la conviction que "le papier est promis à un grand avenir".

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Rédigé par Anne Pandolfi

mise à jour le 3 juillet 2017

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